Les dirigeants d’écoles et d’universités ont débattu avec les dirigeants de sociétés d’ingénierie réunis le 16 juin 2009 par le Club Ecoles et Universités de Syntec Ingénierie : Les évolutions des formations d’ingénieurs pour les besoins de la reprise économique sur de nouveaux fondements. Résumé des échanges.
Il est à noter tout d’abord que l’ingénieur continuera à être reconnu pour ses « fondamentaux scientifiques », qui pourront être accompagnés d’autres spécialités. L’ingénieur est et restera la personne qui maîtrise la technologie et qui sait valoriser les expertises techniques. Reste à savoir néanmoins ce que comprend ce « savoir-faire fondamental » dans un environnement de plus en plus complexe et comment il doit évoluer.
L’ingénieur sera, à l’avenir, un cadre responsable, qui intègrera dans son travail quotidien la triple dimension sociale, environnementale et économique du développement durable avec méthodologie et prudence. Très concrètement, cela signifie qu’il devra gérer le cycle de vie d’un produit ou d’un projet avec des notions d’éco-conception, utiliser des outils comme le bilan carbone et mesurer les incidences sur la sécurité des biens et des personnes. Cette dimension doit être mêlée aux enseignements, et l’approche croisée des disciplines, qui mène à l’analyse systémique, est inéluctable.
Tout le monde est conscient que ce nouvel environnement aura des effets sur le fonctionnement des établissements et plus largement sur leur stratégie. En terme de pédagogie, l’objectif est de sensibiliser les étudiants aux enjeux environnementaux, technologiques et financiers. Il faut les aider à se structurer, à développer avec rigueur toutes les aptitudes à comprendre les systèmes complexes. Il faut aussi les initier à la prise de risques.
Des mesures fortes seront prises par ailleurs pour préparer les élèves à évoluer dans un environnement « international » : cours d’anglais intensifs, cours à l’étranger etc. L’affichage de l’école à l’international passera en outre par un renforcement des doubles diplômes à l’international, un regroupement sous une marque d’ingénieurs à la française (type PRES) et peut-être un rapprochement des actions de recherche avec un (ou des) pôle(s) de compétitivité ou la construction de réseau inter-écoles.
En termes d’offres de formation et surtout de format, les enseignements par apprentissage et les stages en formation continue devraient se multiplier.
Le rapprochement entre écoles/universités et entreprises est en marche. Il est aujourd’hui nécessaire de poursuivre et d’améliorer la concertation et les échanges entre les professionnels et les enseignants : d’une part, avec les apports des professionnels dans les cours, leur présence dans des conseils d’administration ou de perfectionnement ; d’autre part, avec des rencontres ciblées entre les deux populations sur des projets communs.
Divers pistes de rapprochement sont à exploiter :